L’impossible remonté des taux

Après avoir effectué un superbe « double bottom » en mars, suivi d’une hausse de près de 14,00% tout au long des mois d’avril et mai, le cours de l’or a accusé une forte correction, d’environ 9,00% dans la première moitié du mois de juin.

Cette baisse importante (qui s’inscrit, rappelons-le, dans le cadre d’une hausse de long terme tout à fait spectaculaire) est à lier directement aux déclarations de Jérôme Powell, ce dernier annonçant une possible hausse de taux pour… 2023. Autant dire dans une éternité à l’échelle d’appréhension des marchés financiers. En effet, la faiblesse de l’or (qui est en réalité sa force) est que ce dernier n’apporte aucun rendement. Un lingot de 1000 grammes, dans un siècle, fera toujours 1000 grammes. Aussi, dans le cadre d’une hausse des taux, et donc des rendements obligataires, l’or est un actif qui apparaît comme défavorisé.

Or les marchés agissent souvent en fonction de référentiels passés. Et les conditions actuelles ne sont pas nécessairement prises en compte. En effet est souvent évoquée la décision de Paul Volcker, en août 1981, de faire passer le taux directeur de la FED d’environ 11,00%… à près de 20,00%, et ce brutalement, afin de briser la spirale inflationniste. Et cette décision avait été couronnée de succès.

Aussi, une remontée des taux, même douce, semble en réalité parfaitement inenvisageable dans le contexte actuel, qui est celui de l’hyperendettement. Pour synthétiser : il n’existe aucune marge de manœuvre pour remonter les taux, en tout cas durablement. Remonter les taux signifierait sacrifier les marchés actions en lévitation, les capacités de refinancement des États (et donc mettre en péril tous les systèmes distributifs, ainsi que celles des entreprises et des ménages. Remonter les taux signifierait installer brutalement la misère dans la plupart des rues du monde occidental.

Aussi, il semble presque évident que les politiques monétaires actuelles, malgré l’explosion de la masse monétaire et donc de la hausse des prix, se poursuivront.

Face à ce processus de perte de valeur accélérée de la valeur de la plupart des monnaies fiduciaires, les métaux précieux que sont l’or et l’argent sont en réalité l’un des seuls remparts existant.

 

CL